Dimanche 7 décembre 2008 à 19:05

quatres punks squattent les quais.

P. est l'un d'entre eux.

Moi, je rentre chez moi.
J'ai un sacré coup dans le nez,
et j'ai encore envie de faire la fête.

P. m'entend passer 
-je chante toujours quand j'ai bu et qu'il fait nuit-
il m'invite à les rejoindre.

ça f'sait longtemps que j'avais pas glandé avec les Punks.
ils me font marrer.
La nuit s'passe. 
Ce que j'aime chez les punks, c'est qu'ils n'essayent pas d'refaire le monde.
C'est aussi c'qui m'agace parfois, paradoxalement. 
Ils jettent les bouteilles vides au fleuve, et ça, ça me met hors de moi.
J'me fais traiter de "sale hippie de merde", on rigole et ils continu de picoler.
Moi j'en peux plus, j'ai pas envie d'finir torchée. 
Surtout que comme à chaque fois que j'le vois,
P. essaye de m'serrer.

Une nana déglinguée se roule par terre, et vomit ses trippes sur la berge vaseuse.
Ils sont tous hilares,
un profond sentiment d'horreur me monte au nez.
C'est la descente au enfers
un classique.
Je n'ai qu'une envie; prendre mes jambes à mon cou
et DORMIR.
dormir pour desaouler, retrouver la raison et échapper à l'angoisse.

P. me ramene chez moi, il est 4h20. On s'assoit devant la porte, il me parle de son frère disparu et de sa cure de désintox. C'est vraiment un mec bien. Pendant une seconde, j'hésite à le faire rentrer mais, merde, les mecs à problèmes j'ai donnée.
 

Le lendemain, à table, ma mère prend un air horrifié :

"Les filles, faites attention quand vous rentrez seules le soir... Hier, j'ai croisé des crêteux."

Je me marre sévère.

Publié par Deliberate.Prose

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